Location local commercial : les points propres au bail d'un commerce

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Louer un local commercial : l'essentiel

Louer un local commercial relève du statut des baux commerciaux (articles L.145-1 et suivants du Code de commerce), mais quatre points lui sont propres. Ils décident de l'équilibre du bail : l'emplacement, la destination des lieux, le droit d'entrée (pas-de-porte ou droit au bail) et le loyer avec ses charges. ProtorMundi transmet la demande à un Partenaire titulaire de sa propre carte T, qui signe seul le mandat avec le client. Ce guide vise les moyennes surfaces en zone commerciale, en retail park ou en pied d'immeuble, dans le cadre légal français.

Schéma de la location d'un local commercial : 1 emplacement, 2 destination des lieux, 3 pas-de-porte ou droit au bail, 4 loyer, indice ILC et charges ; ProtorMundi transmet la demande au Partenaire titulaire de la carte T qui signe le mandat - ProtorMundi
Location local commercial : les 4 points propres au bail d'un commerce - ProtorMundi

Points clés

  • Emplacement : les facteurs locaux de commercialité figurent parmi les cinq éléments de la valeur locative fixés par l'article L.145-33 du Code de commerce. Ils pèsent sur le loyer d'un local commercial plus que la surface seule.
  • Destination des lieux : la clause de destination fixe l'activité autorisée ; l'élargir ou la changer suppose une déspécialisation, encadrée par les articles L.145-47 à L.145-55 du Code de commerce.
  • Droit d'entrée : le pas-de-porte est versé au bailleur à la signature d'un nouveau bail, le prix du droit au bail est versé au locataire sortant qui cède son bail en cours.
  • Loyer et charges : le loyer s'indexe en général sur l'indice des loyers commerciaux (ILC), sa révision et son renouvellement sont plafonnés, et le bail comporte un inventaire limitatif des charges depuis la loi Pinel.
  • Rôle de ProtorMundi : ProtorMundi transmet la demande ; le mandat est signé entre le client et le Partenaire titulaire de la carte T, et le bail est rédigé par un avocat ou un notaire.

Les règles communes à toute location d'entreprise, du choix du contrat aux professionnels habilités à intervenir, sont présentées dans le guide location immobilier d'entreprise. Cette page se concentre sur ce qui distingue le local commercial.

Emplacement et commercialité : ce qui fait la valeur d'un local commercial

Pour un local commercial, l'emplacement décide davantage du loyer que la surface. Le Code de commerce range les facteurs locaux de commercialité parmi les cinq éléments de la valeur locative (article L.145-33). Les quatre autres sont les caractéristiques du local, la destination des lieux, les obligations respectives des parties et les prix couramment pratiqués dans le voisinage. Deux locaux identiques loués sous le même bail commercial peuvent donc afficher des loyers très différents selon leur situation.

Flux, visibilité, accès et stationnement

Réussir à louer vite et bien vos locaux commerciaux, valoriser votre patrimoine : visuel ProtorMundi, immeuble commercial à façade vitrée en zone urbaine - location local commercial Les facteurs locaux de commercialité se mesurent sur le terrain. Ce sont les flux piétons et automobiles, la visibilité de la vitrine et de l'enseigne, la présence de locomotives commerciales, le stationnement et l'accès des véhicules de livraison. Le bailleur les documente avant la mise en location : ils justifient le loyer demandé et serviront de référence si la commercialité évolue. Le preneur les vérifie par lui-même au regard de son activité : un commerce de destination, que la clientèle vient chercher, supporte un emplacement moins passant qu'un commerce d'achat d'impulsion. Le lexique précise la notion de facteurs locaux de commercialité.

Zone commerciale, retail park ou pied d'immeuble

Une zone commerciale, un retail park et un pied d'immeuble n'obéissent pas à la même logique locative. En zone commerciale ou en retail park, le preneur loue le plus souvent une moyenne surface avec parking partagé. L'ensemble impose un règlement intérieur, des horaires communs et des charges communes, à chiffrer avant la signature. En pied d'immeuble, le règlement de copropriété s'impose au preneur et peut restreindre certaines activités ou la pose d'une enseigne. Les commerces de proximité de centre-ville ne sont pas traités ici : ils relèvent d'un autre site du réseau, consacré aux boutiques et magasins de proximité.

Destination des lieux : l'activité autorisée par le bail

La clause de destination fixe l'activité que le preneur peut exercer dans le local commercial ; exercer une autre activité sans accord du bailleur constitue un manquement qui expose à la résiliation du bail. Cette clause conditionne aussi la valeur du droit au bail et la discussion du loyer au renouvellement. Le lexique rappelle la définition de la destination des lieux.

Clause de destination : activité désignée ou clause tous commerces

Une destination désignée, limitée à une activité précise, protège le bailleur contre un usage qu'il n'a pas choisi, mais réduit le nombre de repreneurs possibles le jour où le preneur voudra céder son bail. Une clause tous commerces laisse le preneur libre de son activité, sous réserve des règles d'urbanisme et du règlement de copropriété ou de centre. Elle rend le droit au bail plus facile à céder, et le bailleur en tient compte dans le niveau du loyer. Dans les deux cas, elle doit rester compatible avec le plan local d'urbanisme (PLU). Le choix entre bail de neuf ans, bail dérogatoire et convention d'occupation précaire relève du guide général : choisir le bon contrat de location.

Déspécialisation partielle ou plénière

Le preneur peut faire évoluer son activité par la déspécialisation, encadrée par les articles L.145-47 à L.145-55 du Code de commerce. La déspécialisation partielle lui permet d'adjoindre à l'activité prévue au bail des activités connexes ou complémentaires, après en avoir informé le bailleur, qui peut contester ce caractère connexe ou complémentaire. L'ajout peut être pris en compte lors de la révision triennale suivante du loyer. La déspécialisation plénière, qui consiste à exercer une activité différente, suppose une demande formelle au bailleur. En cas de refus, le tribunal peut l'autoriser si la nouvelle activité est compatible avec la destination, les caractères et la situation de l'immeuble. Le bailleur peut alors obtenir une modification du loyer ainsi qu'une indemnité. Le lexique définit la déspécialisation.

Droit d'entrée : pas-de-porte ou reprise du droit au bail

Entrer dans un local commercial peut coûter une somme en plus du loyer. Versée au bailleur à la signature d'un nouveau bail, elle prend le nom de pas-de-porte ou droit d'entrée. Versée au locataire en place qui cède son bail en cours, elle rémunère le droit au bail. Aucune des deux n'est obligatoire : elles se négocient et reflètent la rareté de l'emplacement.

Le pas-de-porte versé au bailleur

Aucun texte ne définit le pas-de-porte : c'est une somme que le bailleur demande au preneur lors de la conclusion du bail, fréquente sur les emplacements recherchés. Sa nature doit être écrite dans le bail. Qualifié de supplément de loyer, il fait partie du prix du bail. Qualifié d'indemnité, il compense la dépréciation que le statut des baux commerciaux fait subir au local, notamment en raison du droit au renouvellement du preneur. En cas de désaccord, le juge recherche la commune intention des parties plutôt que le seul intitulé retenu (article 1188 du Code civil). La qualification modifie aussi le traitement fiscal de la somme, chez le bailleur comme chez le preneur : ce point relève d'un conseil fiscal et se tranche avant la signature.

La cession du droit au bail par le locataire sortant

Le locataire en place peut céder son droit au bail, seul ou avec son fonds de commerce. Le bail peut soumettre cette cession à l'agrément du bailleur, voire l'interdire lorsque le droit au bail est cédé seul. En revanche, toute clause interdisant au preneur de céder son bail à l'acquéreur de son fonds est réputée non écrite (article L.145-16 du Code de commerce). Le repreneur reprend le bail en cours avec sa destination, son loyer et sa durée restante, ce qui fait de la clause de destination le premier déterminant de la valeur du droit au bail. Lorsque le cédant reste garant du repreneur par une clause de garantie, le bailleur ne peut l'invoquer que pendant trois ans à compter de la cession (article L.145-16-2). Le lexique détaille le droit au bail et la cession du droit au bail.

Le droit de préemption de la commune

Dans un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité délimité par la commune, la cession d'un bail commercial est soumise à son droit de préemption (article L.214-1 du Code de l'urbanisme). Le cédant dépose une déclaration préalable qui précise le prix et les conditions de la cession ; le silence de la commune pendant deux mois vaut renonciation. Ce délai s'intègre au calendrier de toute reprise de local commercial dans ces secteurs.

Pas-de-porte ou droit au bail : qui paie, qui reçoit, quand
Critère Pas-de-porte Droit au bail
Qui paieLe preneur entrantLe preneur entrant, repreneur du bail
Qui reçoitLe bailleurLe locataire sortant, cédant du bail
MomentÀ la conclusion d'un nouveau bailÀ la cession d'un bail en cours
ContrepartieL'accès au local, selon la qualification retenue au bailLa reprise du bail en cours et des droits du statut, dont le droit au renouvellement
Nature juridiqueÀ qualifier dans le bail : supplément de loyer ou indemnitéPrix de cession d'un élément du fonds de commerce
CadreAucune définition légale ; commune intention des parties (article 1188 du Code civil)Articles L.145-16 et L.145-16-2 du Code de commerce ; préemption, article L.214-1 du Code de l'urbanisme

Loyer et charges d'un local commercial

Le bail d'un local commercial règle trois questions : le niveau du loyer de départ, son évolution pendant le bail et la répartition des charges, impôts et travaux entre bailleur et preneur.

Fixer le loyer au niveau de la valeur locative

Le loyer initial d'un local commercial est librement fixé entre bailleur et preneur ; la référence utile reste la valeur locative, appréciée selon les cinq éléments de l'article L.145-33 du Code de commerce. Sur les meilleurs emplacements, le marché raisonne en loyer prime. Un loyer décalé se paie plus tard : trop haut, il fragilise le preneur et expose le local à la vacance. Trop bas, il pèse sur le rendement du bailleur et sur la base du loyer de renouvellement. Une franchise de loyer peut compenser des travaux d'aménagement pris en charge par le preneur. Pour objectiver ce niveau avant la mise en location ou la signature, l'expertise de la valeur locative peut être confiée à un Conseil Expert partenaire du réseau. Jean-Louis Flavien, MRICS et AACI, expert immobilier depuis 1992, en fait partie : il intervient en expertise uniquement, sans activité de transaction.

Indexation ILC, révision triennale et plafonnement

Le loyer d'un local commercial s'indexe le plus souvent chaque année sur l'indice des loyers commerciaux (ILC) publié par l'INSEE, au moyen d'une clause d'échelle mobile. Si le jeu de cette clause fait varier le loyer de plus d'un quart par rapport au prix précédemment fixé, chaque partie peut en demander la révision (article L.145-39 du Code de commerce). Indépendamment de cette clause, la révision légale peut être demandée trois ans au moins après l'entrée en jouissance. La hausse est limitée à la variation de l'indice, sauf modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné à elle seule une variation de plus de 10 % de la valeur locative (article L.145-38). Au renouvellement d'un bail de neuf ans, le nouveau loyer est plafonné à la variation de l'indice, sauf modification notable des éléments de la valeur locative. Même déplafonné, il ne peut augmenter de plus de 10 % par an par rapport au loyer de l'année précédente (article L.145-34). Le lexique précise le droit au renouvellement.

Charges, taxe foncière et travaux : ce que la loi Pinel encadre

Depuis la loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014, le bail comporte un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances, avec leur répartition entre bailleur et preneur. Le bailleur communique en outre, à la signature puis tous les trois ans, un état prévisionnel des travaux envisagés pour les trois années suivantes (article L.145-40-2 du Code de commerce). Certaines dépenses ne peuvent pas être mises à la charge du preneur (article R.145-35). Il s'agit notamment des grosses réparations de l'article 606 du Code civil, des honoraires du bailleur liés à la gestion des loyers et des impôts dont le bailleur est redevable légal. La taxe foncière et les taxes liées à l'usage du local font exception : elles restent refacturables si le bail le prévoit. Le lexique détaille les charges locatives.

Bailleur ou preneur : les vérifications propres au commerce

Dans un bail de commerce, les vérifications utiles se font avant la signature : ce sont elles qui évitent les litiges sur l'activité exercée, sur les garanties et sur l'état du local à la sortie.

Bailleur : destination, garanties et état des lieux

Le bailleur vérifie que la clause de destination est compatible avec le règlement de copropriété ou de centre et avec le PLU. Il fixe ensuite les garanties : dépôt de garantie ou garantie à première demande délivrée par une banque. La part du dépôt qui excède deux termes de loyer produit des intérêts au profit du preneur (article L.145-40 du Code de commerce). Un état des lieux est établi contradictoirement lors de la prise de possession, de la cession du bail et de la restitution du local (article L.145-40-1). L'ancien commerçant ou artisan qui a conservé ses murs et ne récupère pas la TVA peut bénéficier de l'offre TVA offerte sur le rapport d'expertise pour faire établir la valeur locative de son local.

Preneur : conformité ERP, accessibilité et enseigne

Le preneur s'assure que le local permet d'exercer son activité. Il vérifie le classement en établissement recevant du public (ERP) et ses règles de sécurité incendie et d'accessibilité, la capacité d'accueil, la puissance électrique et l'extraction pour la restauration. L'installation d'une enseigne peut être soumise à autorisation, en application du Code de l'environnement et du règlement local de publicité. Lorsque l'entreprise hésite entre louer et devenir propriétaire, la question se traite séparément : acheter ses murs ou rester locataire.

Qui intervient dans la location d'un local commercial

ProtorMundi informe, oriente et transmet la demande de location d'un local commercial ; il ne loue, ne négocie, ne rédige ni ne signe aucun bail. Le mandat de location, côté bailleur, ou le mandat de recherche, côté preneur, est signé directement entre le client et un Partenaire titulaire de sa propre carte professionnelle T. Seul ce titulaire peut s'entremettre dans la location du bien d'autrui (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet). La rédaction du bail commercial relève d'un avocat ou d'un notaire. Cette page décrit le cadre légal français, sans valoir conseil juridique ou fiscal. Les modalités sont détaillées dans les conditions de mise en relation.

Questions fréquentes sur la location d'un local commercial

Quelle est la différence entre un pas-de-porte et un droit au bail ?

Le pas-de-porte est une somme versée au bailleur lors de la signature d'un nouveau bail, qualifiée dans le bail de supplément de loyer ou d'indemnité. Le droit au bail est le prix payé au locataire en place pour reprendre son bail en cours, avec sa destination, son loyer et ses droits, dont le droit au renouvellement.

Le bailleur peut-il exiger un pas-de-porte pour un local commercial ?

Oui, aucun texte ne l'interdit : le pas-de-porte se négocie librement lors de la conclusion du bail, surtout sur les emplacements recherchés. Son montant, sa nature, supplément de loyer ou indemnité, et ses modalités de paiement doivent être écrits dans le bail, car la qualification retenue a des effets juridiques et fiscaux pour les deux parties.

Comment fixer le loyer d'un local commercial ?

Le loyer initial est libre, mais il se cale sur la valeur locative. La valeur locative s'apprécie selon cinq éléments : caractéristiques du local, destination des lieux, obligations des parties, facteurs locaux de commercialité et prix pratiqués dans le voisinage (article L.145-33 du Code de commerce). Une expertise de la valeur locative permet de le fixer sur une base objective.

Peut-on changer d'activité dans un local commercial loué ?

Oui, par la déspécialisation. Le preneur peut ajouter des activités connexes ou complémentaires en informant le bailleur (déspécialisation partielle, article L.145-47 du Code de commerce). Il peut aussi demander à exercer une activité différente (déspécialisation plénière, articles L.145-48 et suivants), que le tribunal peut autoriser en cas de refus du bailleur. Le loyer peut alors être modifié.

Quelles charges le bailleur peut-il refacturer au locataire d'un local commercial ?

Le bailleur ne refacture que les charges, impôts et taxes listés dans l'inventaire limitatif du bail (article L.145-40-2 du Code de commerce). Les grosses réparations de l'article 606 du Code civil, les honoraires de gestion des loyers et les impôts dont il est redevable restent à sa charge (article R.145-35). La taxe foncière fait exception : elle est refacturable si le bail le prévoit.

Comment est indexé le loyer d'un local commercial ?

Le loyer d'un local commercial est le plus souvent indexé chaque année sur l'indice des loyers commerciaux (ILC) publié par l'INSEE. La révision triennale est limitée à la variation de cet indice, sauf modification matérielle des facteurs locaux de commercialité, et le loyer de renouvellement est plafonné selon l'article L.145-34 du Code de commerce.

Le bailleur peut-il refuser la cession du droit au bail ?

Le bail peut soumettre la cession du droit au bail à l'agrément du bailleur, voire l'interdire lorsque le bail est cédé seul. En revanche, le bailleur ne peut pas interdire la cession du bail à l'acquéreur du fonds de commerce : une telle clause est réputée non écrite (article L.145-16 du Code de commerce).

Qui peut s'occuper de la location d'un local commercial pour le compte du propriétaire ?

Seul un professionnel titulaire de la carte T, muni d'un mandat écrit, peut s'entremettre dans la location d'un local commercial pour le compte du propriétaire (loi Hoguet du 2 janvier 1970). ProtorMundi transmet la demande à un Partenaire titulaire de sa propre carte T, qui signe le mandat directement avec le propriétaire.

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