Lexique commercial - lettre C : définitions de l'immobilier d'entreprise
La lettre C du lexique commercial en bref
La lettre C du lexique commercial ProtorMundi définit 77 termes de l'immobilier d'entreprise, du cadastre au curage. Elle couvre le vocabulaire du bail commercial (cession de droit au bail, charges locatives, clause résolutoire, congé), des garanties (cautionnement, caution solidaire, caution bancaire), de l'urbanisme commercial (CDAC, changement de destination, certificat d'urbanisme), de la logistique (cellule logistique, charge au sol, cour de manœuvre, cross-docking) et de l'évaluation (capitalisation, comparables, coefficient de pondération). Chaque définition tient en quelques phrases et cite le texte qui la fonde. Elle s'adresse au dirigeant, à l'investisseur, au propriétaire-bailleur et à l'héritier de murs commerciaux.
Points clés
- La lettre C du lexique commercial réunit 77 définitions de l'immobilier d'entreprise, classées par ordre alphabétique.
- Cinq définitions portent sur les clauses du bail commercial : échelle mobile, garantie solidaire, non-concurrence, clause pénale et clause résolutoire.
- Chaque définition cite sa référence : article de code, loi, décret, arrêté, arrêt ou Charte de l'expertise en évaluation immobilière.
- Les notions d'évaluation (capitalisation, comparables, coût de remplacement, coefficient de pondération) suivent la Charte de l'expertise en évaluation immobilière.
- Les définitions relèvent du droit français et constituent une information générale, qui ne remplace ni un avocat ni un notaire.
Définitions de la lettre C
Les 77 termes sont classés par ordre alphabétique et répartis en cinq groupes. Chaque terme possède sa propre ancre, reprise dans l'index ci-dessus.
De « Cadastre » à « CCAG, CCAP et CCTP »
- Cadastre
- Le cadastre est l'ensemble des documents qui recensent et décrivent les propriétés foncières de chaque commune : le plan cadastral, découpé en sections et en parcelles numérotées, et la documentation littérale qui rattache chaque parcelle à son propriétaire. Sa conservation est organisée par le décret n° 55-471 du 30 avril 1955. Le cadastre est un document fiscal : il sert à asseoir la taxe foncière et ne prouve ni la propriété ni les limites d'un terrain, que seuls un titre et un bornage établissent. La référence cadastrale identifie le bien dans tout acte de vente.
- Caducité
- La caducité est l'extinction d'un contrat valablement formé dont l'un des éléments essentiels disparaît après sa conclusion. L'article 1186 du Code civil en pose le principe et l'article 1187 précise qu'elle met fin au contrat et peut donner lieu à restitution. Elle se distingue de la nullité, qui sanctionne un vice présent dès l'origine. En immobilier d'entreprise, le cas le plus fréquent est celui du compromis de vente dont une condition suspensive ne se réalise pas dans le délai convenu : chaque partie retrouve alors sa liberté et l'acompte est restitué à l'acquéreur.
- Cahier des charges (lotissement)
- Le cahier des charges d'un lotissement est le document contractuel qui fixe les droits et obligations des propriétaires des lots entre eux : nature des activités admises, clôtures, entretien des voies et des espaces communs. Dans un parc d'activités, il peut interdire certaines exploitations. L'article L.442-9 du Code de l'urbanisme rend caduques au bout de dix ans les règles d'urbanisme propres au lotissement lorsque la commune est couverte par un plan local d'urbanisme, mais les stipulations contractuelles du cahier des charges continuent de lier les colotis. L'acquéreur d'un lot doit donc le lire avant de signer.
- Capacité juridique
- La capacité juridique est l'aptitude d'une personne à être titulaire de droits et à les exercer elle-même, en particulier à signer un bail, une promesse ou un acte de vente. Selon l'article 1145 du Code civil, toute personne physique peut contracter sauf incapacité prévue par la loi, et la capacité des personnes morales est limitée par les règles applicables à chacune d'elles. Pour une société, le signataire doit donc agir dans la limite de l'objet social et des pouvoirs que lui donnent les statuts. Le notaire vérifie ces pouvoirs avant toute vente d'un immeuble détenu par une société.
- Capital emprunté
- Le capital emprunté est la somme que le prêteur met à la disposition de l'emprunteur, hors intérêts, frais et assurance. Il sert de base au calcul des intérêts et diminue à chaque échéance d'un prêt amortissable : la part non encore remboursée est le capital restant dû. Pour un crédit accordé à une entreprise, l'article L.313-4 du Code monétaire et financier impose de mentionner le taux effectif global dans l'écrit qui constate le prêt. Le rapport entre le capital emprunté et la valeur de l'actif financé mesure le niveau d'endettement d'une opération d'investissement.
- Capitalisation (méthode par)
- La méthode par capitalisation estime la valeur d'un immeuble en divisant le revenu qu'il produit, ou qu'il pourrait produire, par un taux observé sur le marché. Un entrepôt loué 100 000 euros par an, capitalisé à 6 %, vaut ainsi environ 1,67 million d'euros. La Charte de l'expertise en évaluation immobilière la range parmi les méthodes par le revenu et distingue le taux de capitalisation, appliqué à la valeur hors droits, du taux de rendement, appliqué à la valeur droits inclus. C'est la méthode de référence pour les locaux commerciaux et les entrepôts loués.
- Carence (procès-verbal de)
- Le procès-verbal de carence est l'acte par lequel le notaire constate qu'une partie ne s'est pas présentée à la signature de l'acte de vente, ou a refusé de signer, alors qu'elle y avait été régulièrement convoquée. Il établit la défaillance de cette partie et ouvre à l'autre les sanctions de l'inexécution prévues par l'article 1217 du Code civil : exécution forcée de la vente, résolution du contrat, dommages et intérêts. Il permet aussi de réclamer le montant de la clause pénale inscrite au compromis. Une mise en demeure précède en général la convocation.
- Carrez (loi)
- La loi Carrez oblige le vendeur d'un lot de copropriété à mentionner dans l'acte la superficie de la partie privative. Elle figure à l'article 46 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et s'applique aux lots à usage commercial ou professionnel comme aux logements, à l'exception des caves, des garages, des emplacements de stationnement et des lots de moins de 8 m². Si la surface réelle est inférieure de plus d'un vingtième à celle annoncée, l'acquéreur peut demander une diminution proportionnelle du prix dans l'année qui suit l'acte authentique. Elle ne concerne pas les immeubles vendus en pleine propriété.
- Carte communale
- La carte communale est le document d'urbanisme simplifié dont peut se doter une commune qui n'a pas de plan local d'urbanisme. Régie par les articles L.161-1 et suivants du Code de l'urbanisme, elle délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et ceux où elles ne le sont pas, sauf exceptions limitées. Elle ne comporte pas de règlement : c'est le règlement national d'urbanisme qui fixe les règles d'implantation, de hauteur et d'aspect. Avant d'acheter un terrain professionnel dans une petite commune, il faut vérifier que la parcelle se trouve bien en secteur constructible.
- Carte professionnelle (loi Hoguet)
- La carte professionnelle est l'autorisation sans laquelle nul ne peut, de façon habituelle, prêter son concours à la vente, à la location ou à la gestion des biens d'autrui. Prévue par l'article 3 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, elle est délivrée pour trois ans par la chambre de commerce et d'industrie. Elle porte la mention « Transactions sur immeubles et fonds de commerce », « Gestion immobilière » ou « Syndic de copropriété ». Son titulaire justifie d'une aptitude professionnelle, d'une garantie financière et d'une assurance de responsabilité civile professionnelle.
- Cash-flow
- Le cash-flow est le flux net de trésorerie que dégage un actif immobilier sur une période : loyers encaissés, diminués des charges non récupérées, des travaux, de l'impôt et des échéances d'emprunt. Positif, il mesure la capacité de l'investissement à s'autofinancer. Il fonde la méthode par actualisation des flux de trésorerie, que la Charte de l'expertise en évaluation immobilière retient pour les actifs dont les revenus varient dans le temps. L'expert projette les flux année par année, puis les ramène à leur valeur du jour au moyen d'un taux d'actualisation.
- Catégorie d'ERP
- La catégorie d'un établissement recevant du public classe celui-ci selon l'effectif qu'il peut accueillir. L'article R.143-19 du Code de la construction et de l'habitation en distingue cinq : la première au-dessus de 1 500 personnes, la deuxième de 701 à 1 500, la troisième de 301 à 700, la quatrième jusqu'à 300, et la cinquième pour les établissements sous le seuil propre à leur type d'activité. De la catégorie et du type, par exemple M pour les magasins, dépendent les règles de sécurité incendie et la fréquence des visites de contrôle. Elle se vérifie avant de louer ou d'acheter un local commercial.
- Caution bancaire
- La caution bancaire est l'engagement pris par une banque de payer le créancier si son client ne le fait pas. Dans un bail commercial, elle remplace souvent le dépôt de garantie et couvre plusieurs mois de loyer. Il faut la distinguer de la garantie à première demande, ou garantie autonome de l'article 2321 du Code civil : la banque qui s'est portée caution peut opposer au bailleur les exceptions tirées du bail, tandis que le garant autonome paie sur simple demande. Le bailleur vérifie la durée de l'engagement, qui doit couvrir la période de location et la restitution des lieux.
- Caution solidaire
- La caution solidaire est celle qui s'engage au même rang que le débiteur : le créancier peut lui réclamer le paiement dès le premier impayé, sans poursuivre d'abord le débiteur. L'article 2290 du Code civil prévoit que le cautionnement est simple ou solidaire, et l'article 2305 prive la caution solidaire du bénéfice de discussion, qui permet à la caution simple d'exiger que les biens du débiteur soient saisis en premier. Le bailleur de locaux commerciaux demande presque toujours cet engagement au dirigeant de la société locataire. Les biens personnels du dirigeant s'en trouvent exposés.
- Cautionnement
- Le cautionnement est le contrat par lequel une caution s'oblige envers le créancier à payer la dette du débiteur en cas de défaillance de celui-ci : c'est la définition de l'article 2288 du Code civil, issue de l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021. La caution personne physique doit apposer elle-même la mention prévue à l'article 2297, qui fixe le montant maximal de son engagement. Si ce montant était manifestement disproportionné à ses revenus et à son patrimoine, l'article 2300 le réduit lorsque le créancier est un professionnel. Le cautionnement garantit un bail, un prêt ou un crédit-bail.
- CCAG, CCAP et CCTP
- Le CCAG, le CCAP et le CCTP sont les cahiers des charges qui composent un marché de travaux. Le cahier des clauses administratives générales fixe les règles communes à une catégorie de marchés : pour les marchés publics de travaux, il a été approuvé par l'arrêté du 30 mars 2021. Le cahier des clauses administratives particulières l'adapte à l'opération (délais, pénalités, paiements) et le cahier des clauses techniques particulières décrit les prestations à réaliser, lot par lot. En marché privé, la norme NF P 03-001 joue le rôle du CCAG lorsque le contrat s'y réfère.
De « CDAC » à « Classe énergétique (DPE) »
- CDAC
- La commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) est l'instance, présidée par le préfet, qui délivre l'autorisation d'exploitation commerciale. Selon l'article L.752-1 du Code de commerce, cette autorisation est requise pour créer ou étendre un magasin de commerce de détail ou un ensemble commercial de plus de 1 000 m² de surface de vente. Lorsque le projet nécessite un permis de construire, celui-ci tient lieu d'autorisation si la commission a rendu un avis favorable. La CDAC a remplacé en 2008 la commission départementale d'équipement commercial (CDEC), elle-même issue de la loi Royer de 1973.
- Cellule commerciale
- Une cellule commerciale est un local délimité à l'intérieur d'un ensemble plus vaste : centre commercial, galerie marchande ou parc d'activités commerciales. Elle est le plus souvent livrée brute, à charge pour le preneur de l'aménager selon son concept. Les cellules d'un même site forment un ensemble commercial au sens de l'article L.752-3 du Code de commerce, ce qui conduit à additionner leurs surfaces de vente pour apprécier le seuil de l'autorisation d'exploitation commerciale. Sa valeur locative dépend de son emplacement dans le parcours des clients, de son linéaire de vitrine et des charges communes du site.
- Cellule logistique
- Une cellule logistique est un compartiment d'entrepôt isolé des compartiments voisins par des parois coupe-feu, afin de limiter la propagation d'un incendie. Pour les entrepôts couverts relevant de la rubrique 1510 des installations classées, l'arrêté du 11 avril 2017 limite sa surface à 3 000 m² en l'absence de système d'extinction automatique et à 12 000 m² lorsque le bâtiment en est équipé. La cellule est l'unité de location d'un bâtiment logistique : un preneur loue une ou plusieurs cellules avec les quais et les bureaux qui les desservent. Son format conditionne la divisibilité de l'actif.
- Centre commercial
- Un centre commercial est un ensemble de magasins et de services conçu, réalisé et géré comme une unité, autour d'une ou plusieurs enseignes qui attirent la clientèle. Il constitue un ensemble commercial au sens de l'article L.752-3 du Code de commerce, soumis à autorisation d'exploitation commerciale au-delà de 1 000 m² de surface de vente. Les baux y comportent des clauses particulières : loyer à part variable assise sur le chiffre d'affaires, participation aux charges communes et au budget d'animation, horaires d'ouverture imposés. La valeur d'une boutique dépend de la fréquentation de l'ensemble.
- Certificat d'urbanisme
- Le certificat d'urbanisme est l'acte par lequel l'administration indique les règles applicables à un terrain. L'article L.410-1 du Code de l'urbanisme en prévoit deux : le certificat d'information, qui donne les règles d'urbanisme, les limitations au droit de propriété et les taxes, et le certificat opérationnel, qui dit en plus si le terrain peut recevoir l'opération décrite et précise l'état des réseaux. Pendant dix-huit mois, les règles qu'il mentionne ne peuvent pas être remises en cause pour une demande de permis. Il ne vaut pas autorisation de construire et se demande avant toute promesse d'achat d'un terrain.
- Cession de droit au bail
- La cession de droit au bail est l'acte par lequel le locataire transmet à un tiers son bail commercial, pour la durée restant à courir. Le bail peut l'interdire ou la soumettre à l'accord du bailleur lorsqu'elle intervient seule, mais l'article L.145-16 du Code de commerce répute non écrite toute clause qui empêcherait le locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds de commerce. Le prix payé par le cessionnaire rémunère l'emplacement et le niveau du loyer. Dans un périmètre de sauvegarde du commerce de proximité, la commune dispose d'un droit de préemption sur la cession.
- Cession de fonds de commerce
- La cession de fonds de commerce est la vente de l'ensemble des éléments qui permettent d'exploiter une activité : clientèle, enseigne, nom commercial, droit au bail, matériel et marchandises. Régie par les articles L.141-2 et suivants du Code de commerce, elle est publiée dans les quinze jours dans un support d'annonces légales et au BODACC. Les créanciers du vendeur ont dix jours après cette publication pour faire opposition au paiement du prix, qui reste bloqué entre-temps. Les murs ne sont pas compris dans la vente : l'acquéreur reprend le bail ou achète l'immeuble par un acte distinct.
- Chambre froide
- Une chambre froide est un local isolé et réfrigéré destiné à conserver des produits à température dirigée. Lorsque le volume susceptible d'être stocké atteint 5 000 m³, l'entrepôt frigorifique relève de la rubrique 1511 de la nomenclature des installations classées, annexée à l'article R.511-9 du Code de l'environnement. La présence de fluides frigorigènes et de panneaux isolants pèse sur les règles de sécurité incendie et sur le coût de l'assurance. Pour l'expert, ces équipements sont des aménagements spécifiques : ils valorisent le bâtiment pour un exploitant du froid et le pénalisent pour un autre usage.
- Changement de destination
- Le changement de destination est le passage d'un bâtiment de l'une à l'autre des cinq destinations que définit l'article R.151-27 du Code de l'urbanisme, par exemple d'un entrepôt à un commerce. Il nécessite une déclaration préalable en application de l'article R.421-17, et un permis de construire s'il s'accompagne de travaux modifiant les structures porteuses ou la façade (article R.421-14). Le plan local d'urbanisme peut l'interdire dans certaines zones. L'acquéreur d'un local qui projette une autre activité vérifie ce point avant de s'engager, au besoin par une condition suspensive.
- Charge au sol
- La charge au sol est le poids que le dallage d'un bâtiment peut supporter par mètre carré sans désordre. Elle s'exprime en tonnes ou en kilonewtons par mètre carré et se complète de la charge ponctuelle admise sous un pied de rayonnage. La norme NF EN 1991-1-1 (Eurocode 1) fixe les charges d'exploitation à retenir selon l'usage des locaux, et les entrepôts logistiques récents sont couramment dimensionnés pour 5 tonnes par mètre carré. Une résistance insuffisante interdit le stockage en hauteur ou certains engins de manutention : elle se vérifie avant de louer et pèse sur la valeur de l'actif.
- Charges de copropriété
- Les charges de copropriété sont les dépenses que les copropriétaires supportent pour le fonctionnement de l'immeuble. L'article 10 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 en distingue deux catégories : les charges de services collectifs et d'équipements communs, réparties selon l'utilité objective que chaque lot en retire, et les charges de conservation, d'entretien et d'administration, réparties en proportion de la valeur des lots. Un local commercial en rez-de-chaussée ne participe donc pas nécessairement aux frais d'ascenseur. Le bail commercial précise celles que le bailleur refacture au locataire.
- Charges locatives
- Les charges locatives, ou charges récupérables, sont les dépenses que le bailleur refacture au locataire en plus du loyer. Pour les baux commerciaux conclus ou renouvelés depuis le 5 novembre 2014, l'article L.145-40-2 du Code de commerce impose un inventaire précis et limitatif des charges, impôts et taxes, avec leur répartition entre les parties. L'article R.145-35 interdit de mettre à la charge du preneur les grosses réparations de l'article 606 du Code civil et les honoraires de gestion des loyers. La taxe foncière peut en revanche lui être refacturée si le bail le prévoit.
- Charpente
- La charpente est l'ossature qui porte la couverture d'un bâtiment et transmet les charges aux poteaux et aux murs. Métallique, en béton ou en bois lamellé-collé, elle détermine dans un entrepôt la portée libre entre poteaux et la hauteur utile sous ferme. Élément de structure, elle relève de la garantie décennale de l'article 1792 du Code civil, qui couvre pendant dix ans les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage. Dans un bail commercial, sa réparation fait partie des grosses réparations qui restent à la charge du bailleur. L'expert relève sa nature et son état lors de la visite.
- Charte de l'expertise en évaluation immobilière
- La Charte de l'expertise en évaluation immobilière est le référentiel professionnel des experts immobiliers en France. Sa cinquième édition date de mars 2017. Elle définit les valeurs (valeur vénale, valeur locative de marché, coût de remplacement), décrit les méthodes d'évaluation, fixe le contenu du rapport d'expertise et pose les règles déontologiques de la profession : indépendance, compétence, confidentialité, absence de conflit d'intérêts. Elle n'a pas force de loi, mais les experts signataires s'engagent à la respecter et les juridictions s'y réfèrent pour apprécier la qualité d'un rapport.
- Chasseur immobilier
- Le chasseur immobilier est un professionnel mandaté par un acquéreur ou un preneur pour rechercher le bien qui correspond à son cahier des charges. Il prospecte, présélectionne, organise les visites et assiste son client dans la négociation. Son activité entre dans le champ de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 : il doit détenir la carte professionnelle et un mandat de recherche écrit. L'article 6 de cette loi lui interdit de percevoir une rémunération avant que l'opération soit effectivement conclue et constatée par écrit. Il représente l'acheteur seul, quand l'agent immobilier est le plus souvent mandaté par le vendeur.
- Classe énergétique (DPE)
- La classe énergétique est la lettre, de A à G, que le diagnostic de performance énergétique attribue à un bâtiment selon sa consommation d'énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. Défini à l'article L.126-26 du Code de la construction et de l'habitation, le diagnostic est remis à l'acquéreur et joint au bail lors de sa conclusion, y compris pour un bâtiment tertiaire. Les interdictions de louer les logements les plus énergivores ne visent pas les locaux professionnels. Ceux-ci relèvent, au-delà de 1 000 m², de l'obligation de réduire leur consommation fixée par le décret tertiaire.
De « Clause d'échelle mobile » à « Coloti »
- Clause d'échelle mobile
- La clause d'échelle mobile, ou clause d'indexation, fait varier automatiquement le loyer d'un bail commercial selon un indice, en général l'indice des loyers commerciaux ou celui des activités tertiaires. Elle joue sans formalité, à la périodicité convenue. L'article L.145-39 du Code de commerce permet à chaque partie de demander la révision du loyer lorsque, par son effet, il a varié de plus d'un quart depuis sa dernière fixation. La Cour de cassation répute non écrite la clause qui ne joue qu'à la hausse (3e chambre civile, 14 janvier 2016). L'expert la lit pour projeter les loyers futurs.
- Clause d'inaliénabilité
- La clause d'inaliénabilité interdit au propriétaire d'un bien de le vendre, de le donner ou de l'hypothéquer pendant une certaine durée. Fréquente dans les donations de murs commerciaux ou de parts de société civile immobilière, elle n'est valable, selon l'article 900-1 du Code civil, que si elle est temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime. Le bénéficiaire peut demander au juge l'autorisation de disposer du bien si cet intérêt a disparu ou si un intérêt plus important l'exige. Tant qu'elle s'applique, le bien ne peut pas être cédé librement, ce que l'expert signale dans son rapport.
- Clause de garantie solidaire
- La clause de garantie solidaire oblige le locataire qui cède son bail commercial à rester garant, envers le bailleur, du paiement des loyers et des charges par son successeur. Depuis la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, l'article L.145-16-2 du Code de commerce limite cette garantie à trois ans à compter de la cession. L'article L.145-16-1 impose au bailleur d'informer le cédant de tout défaut de paiement du cessionnaire dans le mois qui suit la date d'exigibilité. Le cédant d'un fonds de commerce mesure ce risque avant de signer, car il engage son patrimoine après son départ.
- Clause de non-concurrence
- La clause de non-concurrence d'un bail commercial interdit au bailleur de louer d'autres locaux du même immeuble ou du même ensemble à une activité concurrente de celle du preneur : on parle aussi de clause d'exclusivité. Elle peut à l'inverse interdire au preneur d'exploiter une activité similaire à proximité. En l'absence de clause, le bailleur n'est pas tenu de garantir son locataire contre la concurrence. Fondée sur la liberté contractuelle des articles 1102 et 1103 du Code civil, elle doit être limitée dans son objet, dans le temps et dans l'espace. Elle ajoute à la valeur du droit au bail.
- Clause pénale
- La clause pénale fixe à l'avance la somme que devra payer la partie qui n'exécute pas son engagement. Dans un compromis de vente, elle représente en général 10 % du prix ; dans un bail commercial, elle majore les loyers payés en retard. L'article 1231-5 du Code civil autorise le juge, même d'office, à modérer ou à augmenter la pénalité si elle est manifestement excessive ou dérisoire. Elle est due sans que le créancier ait à prouver son préjudice, mais suppose une mise en demeure préalable, sauf inexécution définitive. Elle se distingue de l'indemnité d'immobilisation d'une promesse unilatérale.
- Clause résolutoire
- La clause résolutoire prévoit la résiliation de plein droit du bail si le locataire manque à l'une de ses obligations, le plus souvent le paiement du loyer. En bail commercial, l'article L.145-41 du Code de commerce ne lui donne effet qu'un mois après un commandement resté infructueux, lequel doit mentionner ce délai à peine de nullité. Le juge peut en suspendre les effets en accordant au locataire des délais de paiement, dans la limite de deux ans : si l'échéancier est respecté, la clause est réputée n'avoir jamais joué. Les créanciers inscrits sur le fonds doivent être informés de la procédure.
- Clientèle
- La clientèle est l'ensemble des personnes qui s'approvisionnent habituellement auprès d'un commerçant. Elle est l'élément essentiel du fonds de commerce : sans clientèle réelle et propre à l'exploitant, il n'y a pas de fonds, donc pas de statut des baux commerciaux. L'article L.141-5 du Code de commerce la cite, avec l'achalandage, parmi les éléments sur lesquels porte le privilège du vendeur. La Cour de cassation a reconnu au franchisé une clientèle qui lui est propre (3e chambre civile, 27 mars 2002). L'expert l'apprécie à travers le chiffre d'affaires et la rentabilité pour évaluer le fonds.
- Clos et couvert
- Le clos et le couvert désignent les ouvrages qui rendent un bâtiment étanche et le protègent des intempéries : murs extérieurs, toiture, menuiseries extérieures. L'expression sert à répartir les travaux entre bailleur et preneur : le premier conserve en principe le clos et le couvert, le second l'entretien et les aménagements intérieurs. Elle recoupe les grosses réparations de l'article 606 du Code civil, qui visent les gros murs, les voûtes, les poutres et les couvertures entières, et que l'article R.145-35 du Code de commerce interdit de transférer au locataire d'un bail commercial.
- CNAC
- La Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) est l'instance qui réexamine les décisions et avis des commissions départementales d'aménagement commercial. L'article L.752-17 du Code de commerce ouvre ce recours au demandeur, au préfet, aux membres de la commission et aux concurrents dont l'activité est susceptible d'être affectée par le projet. Il doit être formé dans le mois, et la commission nationale se prononce dans les quatre mois de sa saisine. Sa saisine est un préalable obligatoire à tout recours devant le juge administratif. Elle a succédé en 2008 à la commission nationale d'équipement commercial.
- Coefficient d'emprise au sol (CES)
- Le coefficient d'emprise au sol est le rapport entre la surface occupée au sol par les constructions et la surface du terrain. Un coefficient de 0,5 autorise 5 000 m² d'emprise sur un terrain d'un hectare. L'article R.420-1 du Code de l'urbanisme définit l'emprise au sol comme la projection verticale du volume de la construction, débords et surplombs inclus. Le règlement du plan local d'urbanisme fixe ce plafond zone par zone. Pour un terrain d'activités, il détermine avec la hauteur maximale la surface de bâtiment réalisable, donc la valeur du foncier.
- Coefficient d'occupation des sols (COS)
- Le coefficient d'occupation des sols fixait la surface de plancher constructible par mètre carré de terrain : un COS de 0,4 permettait 400 m² de plancher sur une parcelle de 1 000 m². La loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, dite loi ALUR, l'a supprimé dans les plans locaux d'urbanisme. La constructibilité d'un terrain résulte désormais des règles d'emprise au sol, de hauteur, d'implantation et de stationnement. Le terme reste employé par habitude, et il figure encore dans des actes anciens. Un calcul fondé sur le seul COS n'a plus de valeur pour estimer un terrain.
- Coefficient de biotope
- Le coefficient de biotope est la part minimale de la surface d'un terrain qui doit rester non imperméabilisée ou éco-aménageable : pleine terre, toiture végétalisée, revêtement perméable. L'article L.151-22 du Code de l'urbanisme autorise le règlement du plan local d'urbanisme à l'imposer, afin de maintenir la biodiversité et la nature en ville. Chaque type de surface est affecté d'une pondération selon sa valeur écologique. Sur un terrain d'activités, il réduit la surface disponible pour le bâtiment, les voiries et les aires de stationnement : il entre dans le calcul de la constructibilité.
- Coefficient de pondération
- Le coefficient de pondération ramène les différentes parties d'un local commercial à une surface homogène, appelée surface pondérée. La zone de vente la plus proche de la vitrine est comptée pour sa surface réelle, les zones plus profondes, les étages, les réserves et les annexes pour une fraction décroissante. La Charte de l'expertise en évaluation immobilière propose une grille de pondération des surfaces commerciales, que retiennent les experts judiciaires et les juges des loyers. Le prix au mètre carré pondéré permet de comparer la valeur locative de boutiques de configurations différentes.
- Coefficient de vétusté
- Le coefficient de vétusté est l'abattement appliqué à la valeur à neuf d'un bâtiment pour tenir compte de son âge, de son état d'entretien et de son obsolescence technique ou fonctionnelle. Un entrepôt de trente ans, à faible hauteur et sans quais, subit une dépréciation plus forte que ne le voudrait sa seule usure physique. Il intervient dans la méthode du coût de remplacement, décrite par la Charte de l'expertise en évaluation immobilière : coût de reconstruction, moins la vétusté, plus la valeur du terrain. Les assureurs l'utilisent aussi pour calculer l'indemnité due après un sinistre.
- Coloti
- Un coloti est le propriétaire d'un lot dans un lotissement. Il est lié aux autres colotis par le cahier des charges et, lorsqu'il en existe une, par l'association syndicale qui gère les voies et les équipements communs, régie par l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004. Chaque coloti peut exiger en justice le respect du cahier des charges par les autres, sans avoir à prouver un préjudice. Dans un parc d'activités, cette règle permet à un exploitant de s'opposer à une construction ou à une activité contraire aux stipulations. L'acquéreur d'un lot adhère de plein droit à l'association.
De « Commandement de payer » à « Contre-expertise »
- Commandement de payer
- Le commandement de payer est l'acte par lequel un commissaire de justice met le débiteur en demeure de régler sa dette. En bail commercial, c'est le préalable obligatoire à la mise en œuvre de la clause résolutoire : l'article L.145-41 du Code de commerce laisse au locataire un mois pour payer, et le commandement doit rappeler ce délai à peine de nullité. Il détaille les sommes réclamées, loyers, charges et accessoires. Passé le délai, le bailleur saisit le juge des référés pour faire constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion. Le locataire peut encore demander des délais de paiement.
- Commercialité
- La commercialité désigne le droit d'affecter un local à un usage autre que l'habitation, commerce ou bureau, dans les communes où le changement d'usage des logements est contrôlé. L'article L.631-7 du Code de la construction et de l'habitation y soumet ce changement à une autorisation préalable, que la commune peut subordonner à une compensation : la transformation en logement d'une surface équivalente. Les droits ainsi créés se cèdent entre propriétaires, à un prix au mètre carré qui varie selon le quartier. À Paris, cette contrainte pèse sur le prix de revient de toute création de surface commerciale à partir d'un logement.
- Commission de sécurité
- La commission de sécurité est l'instance qui contrôle le respect des règles de sécurité incendie dans les établissements recevant du public. Organisée par le décret n° 95-260 du 8 mars 1995, elle examine les projets, visite l'établissement avant son ouverture, puis périodiquement selon sa catégorie. Elle rend un avis, favorable ou défavorable, au vu duquel le maire autorise ou non l'ouverture. Un avis défavorable peut conduire à la fermeture administrative et expose l'exploitant en cas de sinistre. L'acquéreur ou le preneur d'un commerce demande le dernier procès-verbal de visite.
- Commission départementale de conciliation
- La commission départementale de conciliation des baux commerciaux tente de rapprocher bailleur et locataire avant la saisine du juge. Prévue par l'article L.145-35 du Code de commerce, elle est composée à parts égales de bailleurs et de locataires, ainsi que de personnes qualifiées. Elle connaît des litiges sur le loyer du bail renouvelé lorsqu'il est plafonné, sur la révision du loyer, sur les charges et sur les travaux. Si le juge est saisi en même temps qu'elle, il ne peut statuer avant qu'elle ait rendu son avis. Elle est dessaisie si elle ne s'est pas prononcée dans les trois mois.
- Commodat (prêt à usage)
- Le commodat, ou prêt à usage, est le contrat par lequel une personne met gratuitement un bien à la disposition d'une autre, qui doit le restituer après s'en être servie. Défini aux articles 1875 et suivants du Code civil, il est essentiellement gratuit : toute contrepartie, même modeste, expose à une requalification en bail. Il sert par exemple à laisser un local à une société du même groupe ou à un proche qui démarre une activité. L'occupant n'a ni droit au renouvellement ni indemnité d'éviction. Un écrit qui fixe la durée et les charges d'entretien évite les litiges à la sortie.
- Comparables
- Les comparables sont les ventes ou les locations de biens semblables qui servent de références pour estimer un actif. La méthode par comparaison, première méthode décrite par la Charte de l'expertise en évaluation immobilière, consiste à les sélectionner puis à les ajuster selon l'emplacement, la surface, l'état, la date de la transaction et la situation locative. L'expert puise dans les actes publiés, dans la base publique des demandes de valeurs foncières et dans ses propres références. Lorsque les transactions sont rares, cas fréquent pour les entrepôts et les terrains, il recoupe le résultat par une méthode par le revenu.
- Compromis de vente
- Le compromis de vente est l'avant-contrat par lequel le vendeur s'engage à vendre et l'acquéreur à acheter un bien à un prix déterminé. C'est une promesse synallagmatique : selon l'article 1589 du Code civil, elle vaut vente dès qu'il y a accord sur la chose et sur le prix. Le transfert de propriété est en pratique reporté à la signature de l'acte notarié, après la levée des conditions suspensives. Le délai de rétractation de dix jours de l'article L.271-1 du Code de la construction et de l'habitation ne bénéficie qu'à l'acquéreur non professionnel d'un logement, pas à l'acheteur d'un local commercial.
- Condition résolutoire
- La condition résolutoire est l'événement futur et incertain dont la réalisation anéantit un contrat qui avait jusque-là produit ses effets. Prévue à l'article 1304 du Code civil, elle éteint rétroactivement l'obligation lorsqu'elle s'accomplit, sans remettre en cause les actes conservatoires et d'administration (article 1304-7). Une vente peut ainsi être conclue sous la condition résolutoire du non-paiement du solde du prix à une date donnée. Elle se distingue de la condition suspensive, qui retarde la naissance de l'obligation, et de la clause résolutoire, qui sanctionne une inexécution.
- Condition suspensive
- La condition suspensive est l'événement futur et incertain auquel les parties subordonnent la naissance de leurs obligations : obtention d'un prêt, d'un permis de construire ou d'une autorisation d'exploitation commerciale, purge d'un droit de préemption. Selon l'article 1304-6 du Code civil, si elle ne se réalise pas, l'obligation est réputée n'avoir jamais existé. L'article 1304-3 la répute accomplie si la partie qui y avait intérêt en a empêché la réalisation. Pour l'achat d'un local professionnel, la condition de prêt n'est pas imposée par la loi : elle doit être inscrite dans le compromis.
- Conformité des travaux (DAACT)
- La conformité des travaux est attestée par la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, que le titulaire d'un permis de construire ou d'une déclaration préalable adresse à la mairie en application de l'article R.462-1 du Code de l'urbanisme. L'administration dispose de trois mois pour contester la conformité, délai porté à cinq mois lorsqu'un contrôle sur place est obligatoire. Passé ce délai, le déclarant peut obtenir une attestation de non-contestation. L'acquéreur d'un bâtiment récent ou agrandi demande ces pièces : des travaux non conformes fragilisent la revente et le financement.
- Congé (bail commercial)
- Le congé est l'acte par lequel une partie met fin au bail commercial. L'article L.145-9 du Code de commerce impose de le donner six mois à l'avance. Celui du bailleur est délivré par acte de commissaire de justice et doit, à peine de nullité, préciser ses motifs et indiquer au locataire qu'il dispose de deux ans pour le contester ou demander une indemnité d'éviction. Le preneur peut donner congé à l'expiration de chaque période triennale, par lettre recommandée avec avis de réception ou par acte extrajudiciaire. À défaut de congé, le bail se prolonge tacitement au-delà de son terme.
- Constat amiante (DTA)
- Le constat amiante recense les matériaux et produits contenant de l'amiante dans un immeuble dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. Pour les immeubles autres que les maisons individuelles, le propriétaire constitue et tient à jour un dossier technique amiante, prévu à l'article R.1334-29-5 du Code de la santé publique, qu'il communique aux occupants et aux entreprises intervenant dans les lieux. En cas de vente, un état mentionnant la présence ou l'absence d'amiante est annexé à la promesse. Le coût d'un désamiantage avant travaux se déduit de la valeur de l'actif.
- Constat de commissaire de justice
- Le constat de commissaire de justice est l'acte par lequel cet officier public et ministériel décrit ce qu'il a personnellement observé : état d'un local, désordres, affichage d'un permis, occupation des lieux. Selon l'article 1er de l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016, ses constatations font foi jusqu'à preuve contraire, sauf en matière pénale. Le commissaire de justice a succédé à l'huissier de justice le 1er juillet 2022. En bail commercial, il dresse l'état des lieux lorsque les parties ne peuvent l'établir à l'amiable, les frais étant alors partagés par moitié entre bailleur et locataire.
- Contrat de promotion immobilière (CPI)
- Le contrat de promotion immobilière est le mandat par lequel un promoteur s'oblige envers le maître de l'ouvrage à faire réaliser, pour un prix convenu, un programme de construction, et à accomplir les démarches juridiques, administratives et financières nécessaires. Défini à l'article 1831-1 du Code civil, il rend le promoteur garant de l'exécution des obligations des entreprises et des garanties des constructeurs. L'entreprise propriétaire de son terrain y recourt pour faire construire un entrepôt ou un local d'activités à prix et délai fixés. Le dépassement du prix reste à la charge du promoteur.
- Contre-expertise
- La contre-expertise est une seconde expertise demandée pour vérifier ou contester les conclusions d'un premier rapport : valeur vénale, valeur locative, montant d'une indemnité d'éviction. Amiable, elle est confiée à un autre expert qui reprend les surfaces, les références et la méthode. Devant le tribunal, l'article 246 du Code de procédure civile rappelle que le juge n'est pas lié par les conclusions du technicien : il peut ordonner un complément ou une nouvelle expertise. Elle est utile face à une proposition de l'administration fiscale, d'un assureur ou de l'autre partie à un bail.
De « Contribution économique territoriale (CET) » à « Curage »
- Contribution économique territoriale (CET)
- La contribution économique territoriale est l'impôt local des entreprises qui a remplacé la taxe professionnelle en 2010. Selon l'article 1447-0 du Code général des impôts, elle réunit la cotisation foncière des entreprises, assise sur la valeur locative des locaux, et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, dont la suppression progressive a été reportée à 2030 par la loi de finances pour 2025. Elle est due par l'exploitant, et non par le propriétaire des murs. L'article R.145-35 du Code de commerce interdit au bailleur de la refacturer à son locataire lorsqu'il en est lui-même redevable.
- Convention d'occupation précaire
- La convention d'occupation précaire autorise l'occupation d'un local pour une durée que les parties ne maîtrisent pas, en raison de circonstances particulières indépendantes de leur seule volonté : immeuble promis à la démolition, attente d'un permis, d'une vente ou d'une expropriation. L'article L.145-5-1 du Code de commerce l'exclut du statut des baux commerciaux, quelle que soit sa durée. L'occupant verse une redevance modique et n'a ni droit au renouvellement ni indemnité d'éviction. Si le motif de précarité n'existe pas réellement, le juge requalifie la convention en bail commercial de neuf ans.
- Coordonnateur SPS
- Le coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé (SPS) prévient les risques nés de la présence simultanée ou successive de plusieurs entreprises sur un chantier. L'article L.4532-2 du Code du travail impose au maître d'ouvrage de le désigner dès que deux entreprises au moins interviennent, sous-traitants compris. Il établit le plan général de coordination et constitue le dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage, qui décrit les mesures de sécurité pour l'entretien futur du bâtiment. Ce dossier est remis au propriétaire à la réception et transmis à l'acquéreur lors d'une vente.
- Copropriété
- La copropriété est le régime de tout immeuble bâti dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes par lots, chacun comprenant une partie privative et une quote-part de parties communes. Elle est régie par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. Le règlement de copropriété fixe la destination de l'immeuble et l'usage des lots : il peut interdire certaines activités, limiter les enseignes ou imposer des horaires de livraison. Avant d'acheter ou de louer un local commercial en pied d'immeuble, il faut vérifier que l'activité projetée y est autorisée et consulter les derniers procès-verbaux d'assemblée générale.
- Coque (local brut)
- Un local livré en coque, ou brut de béton, est remis au preneur sans aménagement intérieur : ni cloisons, ni revêtements, ni faux plafond, et parfois sans vitrine. Les fluides sont amenés en attente à l'entrée du lot. C'est le mode de livraison courant des cellules de centres commerciaux et des locaux d'activités neufs. Le bail précise l'état de livraison, puisque l'article 1719 du Code civil oblige le bailleur à délivrer la chose louée, et règle le sort des aménagements en fin de bail. Le preneur négocie en contrepartie une franchise de loyer ou une participation du bailleur aux travaux.
- Core et Core plus
- Core et Core plus désignent deux profils de risque de l'investissement en immobilier d'entreprise. Un actif Core est un immeuble récent, bien situé et loué pour une longue durée à un locataire solide : son rendement est faible et son revenu sécurisé. Un actif Core plus présente un léger potentiel de création de valeur, par une relocation prochaine ou des travaux limités. Cette classification d'usage n'a pas de définition légale ; l'emploient notamment les sociétés de gestion de SCPI, régies par les articles L.214-86 et suivants du Code monétaire et financier.
- Cotisation foncière des entreprises (CFE)
- La cotisation foncière des entreprises est l'impôt local dû chaque année par toute personne qui exerce une activité professionnelle non salariée au 1er janvier. Prévue à l'article 1447 du Code général des impôts, elle a pour base la valeur locative des biens passibles de taxe foncière dont l'entreprise a disposé pour son activité (article 1467). Elle pèse donc sur l'occupant des locaux, propriétaire ou locataire, et son taux est voté par la commune ou l'intercommunalité. Une entreprise nouvelle en est exonérée l'année de sa création. Elle entre dans le coût d'occupation à comparer entre deux implantations.
- Cour de manœuvre
- La cour de manœuvre, ou cour camions, est l'aire extérieure qui permet aux poids lourds d'accéder aux quais d'un entrepôt, de reculer et de stationner. Sa profondeur conditionne l'exploitation : les bâtiments logistiques récents offrent couramment 35 mètres devant les quais, ce qui autorise la mise à quai d'un ensemble articulé sans gêner la circulation. Elle doit aussi laisser passer les engins de secours, selon les règles d'accessibilité de l'arrêté du 11 avril 2017 applicable aux entrepôts couverts. Une cour trop étroite ou partagée entre plusieurs lots réduit la valeur locative du bâtiment.
- Courtier en crédit (IOBSP)
- Le courtier en crédit est un intermédiaire qui recherche pour son client le financement adapté à un projet et en négocie les conditions auprès des banques. Il relève du statut d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement, défini à l'article L.519-1 du Code monétaire et financier, et doit être immatriculé au registre unique tenu par l'ORIAS. Il agit en vertu d'un mandat de son client, et non d'une banque, et lui doit information et conseil. Il n'est rémunéré qu'une fois les fonds débloqués. Pour un actif professionnel, il met en concurrence le crédit classique et le crédit-bail.
- Coût d'occupation
- Le coût d'occupation est la somme de tout ce qu'un locataire paie pour disposer de ses locaux : loyer, charges, taxe foncière et autres impôts refacturés, assurance, entretien. L'article L.145-40-2 du Code de commerce, qui impose au bailleur un inventaire des charges et un état récapitulatif annuel, permet de le reconstituer. Rapporté au chiffre d'affaires d'un commerce, il donne le taux d'effort, qui mesure si l'emplacement est supportable pour l'exploitant. Deux locaux au même loyer facial peuvent afficher des coûts d'occupation très différents : c'est lui qu'il faut comparer avant de signer.
- Coût de remplacement (méthode du)
- La méthode du coût de remplacement estime un immeuble par ce qu'il en coûterait pour le reconstituer : valeur du terrain, augmentée du coût de reconstruction du bâtiment et diminuée d'un abattement pour vétusté et obsolescence. La Charte de l'expertise en évaluation immobilière la réserve aux biens pour lesquels le marché offre peu de références : usines, bâtiments spécialisés, locaux monovalents. Elle sert aussi de recoupement pour un entrepôt ou un local d'activités occupé par son propriétaire. Elle donne en général un plafond, car un acheteur ne paie pas plus cher un bien existant que son équivalent neuf.
- Crédit-bail immobilier
- Le crédit-bail immobilier est l'opération par laquelle une société financière achète ou fait construire un immeuble professionnel, le loue à une entreprise et lui consent une promesse de vente qui lui permet d'en devenir propriétaire, au plus tard en fin de contrat. Défini à l'article L.313-7 du Code monétaire et financier, il dure le plus souvent de douze à quinze ans et finance la totalité de l'investissement. Le contrat de plus de douze ans est publié au service de la publicité foncière. Le statut des baux commerciaux ne s'y applique pas, et l'entreprise ne peut en principe pas résilier avant le terme sans indemnité.
- Cross-docking
- Le cross-docking est une organisation logistique dans laquelle les marchandises passent directement du quai de réception au quai d'expédition, sans stockage ou presque. Il se pratique dans des bâtiments traversants, peu profonds, dotés de portes à quai sur deux façades opposées et d'une vaste cour de manœuvre de chaque côté : plateformes de messagerie et de distribution urbaine. Ces bâtiments relèvent de la sous-destination « entrepôt » de l'article R.151-28 du Code de l'urbanisme. Leur valeur locative s'apprécie au nombre de portes et à la proximité des axes routiers plutôt qu'à la hauteur de stockage.
- Crowdfunding immobilier
- Le crowdfunding immobilier, ou financement participatif, permet à des particuliers de prêter de l'argent à un promoteur ou à un marchand de biens par l'intermédiaire d'une plateforme en ligne, pour une durée de douze à trente-six mois en général. Les plateformes sont des prestataires de services de financement participatif, agréés par l'Autorité des marchés financiers en application du règlement (UE) 2020/1503 du 7 octobre 2020. Un porteur de projet ne peut lever plus de 5 millions d'euros sur douze mois par ce canal. Le prêteur supporte un risque de retard et de perte en capital, sans garantie sur l'immeuble.
- Curage
- Le curage est la dépose de tous les éléments non porteurs d'un bâtiment avant sa restructuration ou sa démolition : cloisons, faux plafonds, revêtements, réseaux, équipements. Il met la structure à nu et permet de trier les matériaux. Le décret n° 2021-821 du 25 juin 2021 impose au maître d'ouvrage, pour les opérations portant sur plus de 1 000 m² de surface de plancher, un diagnostic préalable des produits, équipements, matériaux et déchets, afin de favoriser leur réemploi. Le curage suit le repérage de l'amiante avant travaux. Son coût entre dans le bilan d'une opération de reconversion d'un local d'activités.
Fiches du lexique en rapport avec la lettre C
Une fiche développe une notion sur une page entière, là où cette page s'en tient à quelques phrases. Aucun terme de la lettre C n'a encore la sienne, mais quatre fiches du lexique prolongent des notions définies ici.
- Définition du bail commercial, pour la cession, le congé et les charges locatives
- Définition de la valeur vénale, pour la capitalisation et les comparables
- Définition de l'entrepôt, pour la cellule logistique, la charge au sol et la cour de manœuvre
- Définition de la logistique, pour le cross-docking
Les autres lettres et les fiches des autres notions sont accessibles depuis le lexique commercial de l'immobilier d'entreprise.
Sources et méthode de rédaction
Les 77 définitions de la lettre C sont rédigées à partir des textes en vigueur à la date de mise à jour : Code de commerce pour le statut des baux commerciaux, la cession du fonds de commerce et l'aménagement commercial, Code civil pour les contrats, les conditions, le cautionnement et la responsabilité des constructeurs, Code de l'urbanisme pour le certificat d'urbanisme, les destinations et l'emprise au sol, Code de la construction et de l'habitation pour les établissements recevant du public, le diagnostic de performance énergétique et le changement d'usage, Code de l'environnement pour les installations classées, Code général des impôts pour la fiscalité locale, Code monétaire et financier pour le crédit-bail et les intermédiaires. Ces textes sont consultables sur Légifrance. Les notions d'évaluation suivent la Charte de l'expertise en évaluation immobilière.
Ces définitions relèvent du droit français. Elles donnent le sens d'un terme et le texte qui le fonde : elles ne remplacent ni la consultation d'un avocat ou d'un notaire sur un contrat, ni un rapport d'expertise sur un actif. Les termes propres au logement, aux métiers et au détail de chantier ont été retirés de cette page le 6 octobre 2026, pour la consacrer aux locaux commerciaux, aux entrepôts, aux locaux d'activités et aux terrains.
Questions fréquentes sur les termes en C
Quelle est la différence entre une condition suspensive et une condition résolutoire ?
La condition suspensive retarde la naissance de l'engagement : tant que le prêt ou le permis n'est pas obtenu, la vente n'est pas définitive, et si l'événement ne se produit pas, le contrat est réputé n'avoir jamais existé. La condition résolutoire fait l'inverse : le contrat s'exécute tout de suite, puis il est anéanti si l'événement prévu survient. Les deux sont définies à l'article 1304 du Code civil.
Quel est le délai d'un commandement de payer en bail commercial ?
Un mois. L'article L.145-41 du Code de commerce prévoit que la clause résolutoire ne produit effet qu'un mois après un commandement resté infructueux, et le commandement doit mentionner ce délai à peine de nullité. Pendant ce mois, le locataire peut payer ou demander au juge des délais, qui suspendent les effets de la clause.
Le locataire peut-il céder son bail commercial sans l'accord du bailleur ?
Cela dépend de ce qu'il cède. S'il vend son fonds de commerce, le bail ne peut pas lui interdire de céder le droit au bail à l'acquéreur : l'article L.145-16 du Code de commerce répute cette clause non écrite. Le bail peut en revanche exiger l'agrément du bailleur ou sa présence à l'acte. La cession du bail seul, sans le fonds, peut être interdite par le contrat.
Quelles charges le bailleur ne peut-il pas refacturer au locataire d'un bail commercial ?
L'article R.145-35 du Code de commerce interdit de mettre à la charge du locataire les grosses réparations de l'article 606 du Code civil, les travaux de mise en conformité qui en relèvent, les honoraires de gestion des loyers et les impôts dont le bailleur est le redevable légal, comme la contribution économique territoriale. La taxe foncière fait exception : elle peut être refacturée si le bail le prévoit.
À partir de quelle surface faut-il une autorisation de la CDAC ?
À partir de 1 000 m² de surface de vente. L'article L.752-1 du Code de commerce soumet à autorisation d'exploitation commerciale la création ou l'extension d'un magasin de commerce de détail ou d'un ensemble commercial qui dépasse ce seuil. Les entrepôts, les locaux d'activités et les commerces de gros ne sont pas concernés.
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Téléphone : 06 51 89 59 26